Le Fort de Vaujours est un site aux portes de Paris, à cheval entre les départements de la Seine-Saint-Denis (93) et de Seine-et-Marne (77) . Utilisé pendant plus de quarante ans de 1955 à 1997 par leCommissariat à l’Energie Atomique (CEA), il est contaminé radioactivement suite à la multitude d’expériences qui ont abouti aux développements des détonateurs des bombes atomiques de l’armée Française. Malgré les preuves de la contamination et les doutes des autorités compétentes, la société Placoplatre (Saint-Gobain) désire exploiter les sous-sols du Fort de Vaujours, à l'abri des regards.

Des pollutions radioactives 70 fois supérieures au bruit de fond, liées à la présence d’uranium ont été confirmées le 25 février 2014 en présence de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), l’ACRO (Association pour le Contrôle Radioactivité dans l'Ouest) , l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) et l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire).

Si vous n'avez pas été en mesure d'assister à la diffusion du reportage « Pollution des sols, le scandale caché », vu par plus d'un million de téléspectateurs, en date du 20 janvier dernier sur France5, voici l'extrait sur le Fort de Vaujours:

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Résumé de la vidéo (fait par FAVOFLEUR):

Le coeur de la première bombe atomique fut mis au point à Vaujours, voilà pourquoi jusqu'à ce jour aucun reportage filmé n'avait pu y avair lieu.

Le sous-sol de Vaujours contient du gypse, et son extraction est une menace pour la santé des riverains. 4 000 000 m3 de terre potenciellement contaminées devraient être déplacés et ôtés du site , projet dangereux pour les ouvriers manipulant cette terre et les riverains.

Que sait-on de tous les secrets de Vaujours? Le site a-t-il été vraiment correctement dépollué? décontaminé?

La présence de radioactivité, due à l'uranium, est bien réelle en février 2014,  mais d'autres polluants contaminent le site (métaux lourds, produits chimiques) sur lesquels aucune étude n'a été faite.

L'IRSN bloque la démolition des bâtiments anciens, mais la société exploitante reprend ses démolitions dès mars 2014 sans qu'aucune disposition de protection particulière visant à éviter la dissémination des poussières dans l'environnement lors des travaux ne soit prise.

Et pourtant:

La radioactivité ce sont des risques non seulement de cancers pour les riverains, mais des dangers sur leur reproduction: risques de malformations entre autre.

D'après une étude statistique réalisée dans une ville voisine du fort, 1 habitant sur 2 décède de tumeurs, alors que dans le reste du pays la statistique est d'1 sur 3. Cependant d'autres études approfondies ne seront pas menées pour le moment sur cette friche industrielle.

Les associations demandent au pollueur (l'Etat) de faire la preuve que les cancers des habitants ne sont pas dus à la radioactivité supérieure à la normale en ces lieux.


Mieux (ou pire!):

La dernière grande mode: faire construire un écoquartier sur des friches industrielles!

Les municipalités et leurs élus semblent peu enclins à prendre en compte la dangerosité de ces lieux vastes et bon marché. Ce type d'opération immobiliaire est considéré comme fructueux, compte tenu des dépenses élevées pour la construction de ces écoquartier. (beaucoup d'espaces verts, logements aérés en fonctionnement énergétique autonome)

 

Note sur les écoquartiers:

En 1996, le premier écoquartier du monde, le Quartier Vauban a vu le jour à Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg, au  sud-ouest de l’Allemagne) sur une base militaire française désaffectée de 41 hectares; il est devenu la vitrine mondiale des bonnes pratiques en matière de développement durable urbain. Il a pour particularité de développer des principes écologiques (vie sans voiture, énergies renouvelables…) et de les mêler à des concepts sociaux tels que participation citoyenne et mixité sociale. Dans le quartier Vauban se trouve l’Héliotrope qui se tourne vers le soleil, une maison prototype de recherche et d’études conçue par Rolf Disch, qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme : une maison à « énergie positive ».

(ref article)

 

 

NDLR: nous suivons cette affaire depuis le 22-09-2012 après une visite à ce site