alternatives aux punitions:
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ne pas sous estimer le pouvoir des récompenses:
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l'estime de soi:
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La sanction réparatrice

La punition ne pouvant être utile que si elle est comprise, certains éducateurs remplacent les punitions par des réparations : il s'agit par exemple de nettoyer ce qui a été sali, de formuler des excuses en cas d'insulte, etc.


La sanction permet à l’enfant de se confronter à la réalité grâce au lien entre son acte et les conséquences qui en découlent. Elle l’aide aussi à intégrer que la loi est extérieure au désir, ce dernier n’étant pas tout puissant. L’adulte entre alors dans un rôle de témoin de la réalité : " Le jouet que tu veux appartient au magasin, il y a un prix à payer. " Contraintes et limites sont posées, il y a rencontre avec le " principe de réalité ", comme l’appelait Freud. Mais passer du désir à sa réalisation suppose d’en avoir les moyens, en l’occurrence, avoir l’argent pour payer le jouet, ou accepter de différer son plaisir jusqu’au prochain anniversaire ou Noël. Le rôle des adultes est de rappeler cette réalité. Ainsi : " Ce jouet que tu as volé coûte tant. Deux alternatives se présentent, le restituer ou le payer avec ton argent de poche. " La sanction n’est pas une agression, elle ne vise ni à humilier, ni à diminuer, ni à enlever. C’est une balise qui permet de s’entraîner à se contrôler face à la pression des désirs. " Tu continues à sortir avec ce garçon malgré mon interdit, je n’ai pas à te dire si tu dois ou non l’aimer, mais je peux te dire ce que je ressens. La relation qu’il te propose ne me semble pas bonne pour toi et je ne veux pas collaborer à quelque chose que je sens négatif. " La sanction dans ce cas n’est pas donnée par les parents mais par la réalité de la situation. Et il faut beaucoup d’humilité pour accepter de n’être que des " témoins " pour nos enfants… en ayant souvent le sentiment douloureux de ne pas être entendu d’eux.


Accompagner les transgressions par des sanctions

Des parents peuvent interdire à leur fille de 15 ans de faire du stop. Elle peut accepter cet interdit ou le transgresser… mais, si elle est agressée, le prix peut s’avérer infiniment plus violent que le désagrément initial. Il est fréquent d’être confronté à la difficulté de vouloir protéger son enfant, même contre sa propre volonté. Il est alors essentiel de pouvoir dire sans ambiguïté : " Si je t’interdis de partir dans de telles conditions, c’est par rapport à ma peur, non par rapport à toi ! " Il est bien entendu que cette autorité, fondée sur la confiance, se doit d’être reconnue par l’enfant.

Pour résumer, face au comportement autoritaire de l’enfant, il ne s’agit pas bien sûr d’être laxiste, de laisser faire, de ne rien dire, mais de savoir se positionner, d’être le garant d’une rencontre sans danger avec la réalité. Les adultes sont un pont entre l’enfance et la réalité extérieure, et, en même temps, un filtre de protections entre les illusions de l’enfant et l’amertume d’une réalité quelquefois agressante. On l’aura compris, je n’encourage pas les punitions, mais j’invite à accompagner les transgressions par des sanctions pour aider l’enfant à se confronter aux exigences d’une réalité qui ne lui est pas soumise.
 

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