Cette campagne a rencontré un écho très fort grâce aux courage des survivants et survivantes de l'inceste qui ont osé en parler publiquement, pour certains c'était la première fois. Il est infiniment plus difficile de parler de l'inceste que de harcèlement ou d'agression sexuelle car l'inceste fait peur, déchire les familles et reste tabou.

Les rectours sont mitigés. Certaines militantes nous ont dit qu'elles n'ont rencontré qu'un silence gêné en guise de réponse. D'autres n'ont pas pu franchir le pas. D'autres ont reçu des messages d'encouragement, de félicitation et de soutien (après des réactions initiales de dégoût, de surprise, d'horreur). Il reste difficile de parler de la pédo-criminalité, mais cette campagne montre un vrai tournant dans l'opinion publique. Non seulement la parole se libère, mais il y a de plus en plus de gens disposés à l'écouter.

La campagne #MeToo ne se passe pas uniquement sur les réseaux sociaux mais aussi dimanche 29 septembre après-midi dans toutes les grandes villes françaises. La liste des manifestations se trouve sur notre page Facebook ainsi que sur le Huffington Post.

La ministre de la justice et la secrétaire d'État à l'égalité des femmes et des hommes nous ont invité avec d'autres associations au théâtre Antoine pour annoncer la préparation d'un nouveau projet de loi sur les violences sexuelles. Des avancées sont a prévoir sur la prescription et la notion de consentement, et le dialogue est ouvert durant la période de concertation qui commence. Nous n'avons pas manqué de les interpeller sur l'inceste dont la gravité reste largement sous-estimée voire niée, autant du gouvernement que des professionnels (enfance, santé, justice) et de la société toute entière.Dans son discours de vingt-cinq minutes, Marlène Schiappa n'a pas prononcé une seule fois le mot "inceste". Est-ce qu'il reste tabou même chez une personne dont la détermination à lutter contre les violences sexuelles ne fait pourtant aucun doute ?

Quoi qu'il en soit, nous sommes mobilisés de puis longtemps sur ces questions, comme on peut le voir en relisant notre lettre ouverte à la ministre de la Justice envoyée bien avant l'annonce de ce nouveau projet de loi.

 

l'article intégral ici: https://aivi.org/

 


Un mineur, un enfant peut-il être "consentant"?

 

 Sarah, une jeune fille de 11 ans, a déposé plainte pour viol contre un homme de 28 ans. Celui-ci a reconnu les faits en prétendant que la victime présumée était consentante. Or le parquet du tribunal de Pontoise lui a donné partiellement raison en retenant la qualification d'atteinte sexuelle sur mineur de moins de 15 ans mais pas celle du viol.


En dépit d’une plainte pour viol, un homme est aujourd’hui jugé au Tribunal de Pontoise pour "atteinte sexuelle" car le Parquet a estimé que la victime mineure de 11 ans était consentante.


Pendant le procès d’assises, son agresseur reconnaît les faits, demande même pardon publiquement à Nathaniel. Pourtant il est acquitté au motif que l’enfant n’ayant pas dit « non », est considéré comme consentant et que par conséquent l’infraction de viol n’est pas caractérisée. (Vaucluse : l’incompréhensible acquittement pour viol. La Provence 23 novembre 1999. Laetitia Sariroglou). 


L'AIVI pour sa part demande un seuil de non-consentement à 18 ans. Un mineur n'a pas le droit de conduire une voiture, ni de voter, ni d'ouvrir un compte en banque, ni d'acheter des cigarettes ou de l'alcool, ni d'entrer dans un casino, ni de regarder un film "pour adultes". Pourquoi aurai-t-il le droit d'être violé par un adulte en étant présumé consentant ? Au nom de quelle morale, au nom de quel objectif d'intérêt public les mineurs sont-ils aussi mal et aussi peu protégés contre le viol par la loi française et l'institution judiciaire ?


voir l'article en détail ici: https://aivi.org/nos-actions/un-enfant-n-est-jamais-consentant.html